Quelles sont les sources de votre inspiration ?

Aucune en particulière. J'essaie ne pas décevoir l'attente des fans. Je me suis toujours mis en tête de ne jamais faire deux fois la même chose... mais mes amis me disent que je fais toujours la même chose.
 
 

SA BIOGRAPHIE



 

                      


Hayao Miyazaki n'a pas eu ce qu'on appelle une enfance facile. Né en 1941, il fut profondément marqué par la seconde guerre Mondiale et notamment du bombardement (son père était le gérant de l'entrerpise "Miyazaki Airplane", une fabrique de gourvernails d'avions de guerre) mais aussi par la maladie de sa mère, dont il était très proche, atteinte de la tuberculose. C'est durant sa dernière année de lycée que Miyazaki découvrit le premier film d'animation le Serpent blanc, réalisé par Yabusita Taiji.
Pour lui, ce fut une véritable révélation. Grand admirateur d'Osamu Tezuka; le père d'Astroboy, et de son style, il exerce alors ses talents de dessinateur et crayonne des avions dès qu'il en a l'occasion. Cette fascination ne le quittera plus jamais et on la retrouvera régulierement à travers la plupart de ses oeuvres : machines volantes, île flottante en plein ciel et engins de guerres .
En 1962, il entreprend des études en économie, où il découvre la littérature enfantine en s'inscrivant dans un club de recherches. Un an plus tard, il débute sa carrière en tant qu'intervalliste au studio Toei.



L'univers d'Osamu Tezuka : Astroboy, le Roi Léo, Princesse Saphir, Black Jack.


Avant d'être reconnu pour son talent, le jeune Miyazaki aide et expose son avis sur des oeuvres inconnues en Occident telles que les Fidèles serviteurs canins ou Ken l'enfant loup.
En 1965, sa collaboration avec Isao Takahata l'ammène à travailler sur Horus, le prince du soleil . Malgré l'échec commercial du film, Miyazaki gardera toujours cette expérience comme la plus enrichissante.
En 1971, Miyazaki quitte le studio Toei et rejoint Isao Takahata et Yoichi Kotabe aux studios A-Pro. Il aura ainsi la possibilité de travailler sur de nombreux projets, notamment des épisodes de la série Lupin III, l'histoire d'un gentleman cambrioleur, ou le court métrage Panda et Petit Panda. Durant la même année, il voyage et découvre Stockolm et Tokyo, décors qu'ils l'inspireront pour ses décors et ses paysages.
En 1973, le trio quitte A-Pro et rejoint Zuiyo Picture, une filiale nippone. Miyazaki travaille alors sur la série Heïdi, la petite fille des montagnes.
En 1976, Miyazaki réalise son premier long métrage d'animation le Château de Cagliostro, avec son personnage de Lupin III, crée par Monkey Punch. Il continuera par la suite la réalisation des épisodes 145 et 155 de la saison 2 de ce personnage charismatique.
En 1982, Miyazaki réalise les six premiers épisodes de la série Sherlock Holmes, et commence la création de son nouveau projet, Nausicaa de la vallée du vent, un manga épique dont l'écriture dura douze ans. Il remporte un certain succès, et une adaption animée est rapidement demandée.
En 1983, Miyazaki est désigné comme réalisateur officiel pour la version animée de son oeuvre.
Le film sort en novembre 1984 dans les salles japonaises. C'est un véritable succès. 

 

 
Couvertures du manga original


Images tirées du film "Nausicaa, la vallée du vent", réalisé en 1984
 

Le succès du film permet à Miyazaki de créer en 1985, avec Isao Takahata, le studio Ghibli. Il décide alors de se concentrer uniquement sur les longs-métrages d'animation. Le premier projet du studio est Laputa, le Château dans le ciel, l'histoire de deux enfants qui se lancent à la recherche d'une ville flottante légendaire, sorti en 1986.
Le studio atteindra l'apogée avec la sortie du film Mon voisin Totoro  en 1988. Le film a fait un tel carton que tous les Japonais connaissent le personnage de Totoro, devenu l'emblême et la mascotte du studio, ainsi que la chanson du générique, une comptine que tous les petits Japonais apprenent en maternelle. 
En 1992, le studio sort le film Porco Rosso, l'histoire d'un cochon pilote mercenaire italien dans les années 20. Le film se démarque de l'univers de Miyazaki, pour son héros adulte et son histoire, qui se base sur des faits réels, et remporte un franc succès.
En 1996, un accord entre Disney et le sutdio Ghibli est établi, formant le groupe Disney-Takumi, chargé de distribuer les longs-métrages du studio à travers le monde, y comprit au Japon.
En 1997, le chef d'oeuvre de Prinçesse Mononoké sort sur les écrans et propulse le réalisateur au niveau mondial. Le film sera distribué dans de nombreux pays, notament en France dans les années 2000.
En 2001, il annonce à la presse la sortie de son prochain film, le Voyage de Chihiro. Le film restera le plus gros succès cinématographique de tout les temps au Japon, avec 23 millions d'entrées, et sera récompensé par de nombreux prix, dont l'Ours d'Or à Berlin ou l'Oscar du meilleur film d'animation en 2002. 
En 2004, il sort le Chateau ambulant, l'histoire d'une jeune fille transformée en une vieille femme suite à une malédiction, inspiré d'un roman Diana Wynne Jones.
En 2008, il sort son dernier film d'animation, Ponyo sur la falaise, l'histoire d'un petit garçon et d'une prinçesse poisson rouge.





Affiches des dernières oeuvres de Miyazaki

 

 




SES INFLUENCES



 

Animation


La Reine des Neiges
de Lev Atamanov

Thèmes : la lutte du bien contre le mal, l'amitié.

Ce film est issu d'un conte, composé de sept histoires (qui composent une grande histoire), écrit par Christian Andersen.
Un jour d'hiver, un éclat diabolique du miroir de la Reine de Neiges se fiche dans l'oeil de Hans et lui enlève toute émotion. À la merci de la Reine des Neiges, Hans la suit dans son royaume au bout du Grand Nord. Mais son amie Gerda n'a pas perdu espoir. Aidée par la rivière, par les corbeaux, par un renne et par la fille d'un brigand, elle retrouve Hans dans le château de glace. Ses larmes sont si chaudes et si abondantes qu'elle pénètrent jusque dans le coeur de Hans... On notera dans ce film que le protagoniste est féminin et que des créatures fantastiques sont présentes. Ces deux caractéristiques se retrouvent très souvent dans l'oeuvre de Miyazaki (voir "ses thèmes").

 
                                                 
          
              Deux affiches françaises de La Reine des Neiges                                                                                                                                 Un moment de complicité entre Hans et Gerda.




Une vidéo pour vous montrer quelques scènes de ce film (russe).



 
Le Petit Cheval Bossu de Ivan Ivanov-Vano

Thèmes : l'amour, la bêtise humaine, l'impossible devient possible, l'excès du pouvoir.


Ce film soviétique conte l'histoire d'un Tsar qui, influencé par un conseiller jaloux, décide de mettre à l'épreuve Ivan le Benêt, un homme apparemment doté de pouvoirs. Ces missions sont impossibles et n'ont que pour but de le rendre ridicule. Seulement voilà : le jeune homme quelque peu naïf (d'où son nom) relève les missions sans difficulté grâce à l'aide d'un petit cheval bossu volant et retourne même la situation à son avantage : il ridiculise le Tsar, bête et cruel.
À la fin de l'histoire, le jeune homme devenu beau, délivre une princesse et l'épouse.




Deux affiches du Petit Cheval Bossu, où l'on peut voir le Tsar dans la première image, le château de la princesse prisonnière dans l'autre,
et le fameux petit cheval bossu reconnaissable à son cou en demi-cercle, dans les deux images, avec la même position.



La fameuse scène du défilé des chevaux...
 


... en 1947                                                                                                       ... en 1975 (restaurée)

Essayez de démarrer les deux vidéos en même temps, que voyez-vous ?
LES MEMES SCENES AU MEME MOMENT !
 
Notez (vers 1:15) la précison des gestes du personnages, sa mobilité...
Tout ce que recherche Miyazaki !







 
Le Roi et l'Oiseau de Paul Grimault (textes de Jacques Prévert)

Thèmes : la liberté, l'amour, le totalitarisme.

Ce film d'animation, véritable hymne contre le totalitarisme, raconte l'histoire d'un roi tyran bête et cruel (allusion à Hitler) qui tombe amoureux d'une bergère, peinte sur les murs de sa chambre. Elle, au contraire, est amoureuse d'un ramoneur, lui aussi peint, juste à côté d'elle. Grâce à l'aide d'un oiseau haut en couleur, ils vont réussir à s'enfuir de cette véritable forteresse qu'est la ville de Takicardie, poursuivis par toute la police.
Comme dans tous régimes totalitaristes, l'art est au service de la propagande. Ainsi, la ville est remplie de staue à l'effigie du roi.
Malgré
sa méchanceté, Grimault fait apparaître le personnage dans sa complexité, sa solitude, sa détresse, parfois touchantes : il se sait laid et peu attirant.
L'automate du Roi peut faire penser aux robots de Laputa, Le Château Dans le Ciel de Miyazaki.


                                                
 
Affiche du Roi et l'Oiseau avec les noms des personnages présents                                              Le Roi dans ses moments de solitude 
                                                                                               On peut voir derrière lui le bas du corps de la bergère (gauche) et du ramoneur (droite).     




 
                        Extrait du film où l'on présente la forteresse verticale du Roi                                       Fuite de la Bergère et du Ramoneur







Le Serpent Blanc de Taiji Yabusshita

Thèmes : l'amour, la liberté féminine.

Ce film d'animation japonais, inspiré d'une légende chinoise, raconte l'histoire d'amour d'un beau jeune homme et d'une ravissante princesse.
Dans la Chine ancienne, un enfant achète au marché un serpent blanc mais ses parent refusent de l'accueillir dans leur foyer : l'enfant relâche donc son animal, triste.
Quelques années plus tard, l'enfant est devenu un beau jeune homme. Le serpent, quant à lui, s'est transformé en une magnifique princesse qui recherche son ancien sauveur. Ils tombent amoureux l'un de l'autre, mais doivent affronter de nombreux périls, parmi lesquels un puissant bonze, chasseur d'esprits.
Pour les affronter, ils sont aidés par les amis du jeune homme, un petit panda plus fort qu'il n'en a l'air et un chat intrépide, ainsi qu'une bande de petits animaux pas prêts à se laisser faire.
Miyazaki, à propos du film : "Je dois vous faire une confession embarrassante : je suis tombé amoureux de l'héroïne d'un dessin animé. Mon âme était ébranlée. Je ne sais pas si c'était lié à mon état dépressif à cause des examens d'entrée à l'université, ou parce que c'était une histoire à l'eau de rose, mais la rencontre avec La légende du Serpent blanc a fait forte impression sur le jeune homme que j'étais. Ce film m'a notamment convaincu qu'au Japon aussi, il était possible d'exprimer beaucoup de choses par le biais de l'animation. Pour moi, la vision du Serpent blanc a été une expérience intense."
À noter : Miyazaki a tellement été ému par ce film qu'il en a pleuré toute la nuit (il avait 17 ans à l'époque).


                                    
Affiche française                        Affiche japonaise
En haut, de gauche à droite, le jeune homme, la princesse et le bonze, en bas, les amis du héros.                                                      
 




L'Homme Qui Plantait des Arbres et Crac ! de Frédéric Back
 
Thèmes : l'écologie, la vie, l'industrialisation.

Dans L'Homme Qui Plantait des Arbres (inspiré du roman éponyme de Giono), Frédéric Back nous conte l'histoire d'un homme prêt à tout pour sauver sa région stérile en plantant des arbres. Nous sommes dans les Alpes en 1913. Un jeune homme cherche désespérément de l'eau dans une région particulièrement déserte. Il rencontre un berger qui lui offre l'eau de son puit et son hospitalité. Le jeune homme impressioné par un homme si bon décide de le suivre dans ses voyages : il découvre que le berger plante des arbres où rien n'a poussé depuis longtemps avec l'espoir de voir revivre sa région.

Pour voir le film (en deux parties) :

 
Dans Crac !, Frédéric Back nous conte, non sans nostalgie, la vie d'un rocking chair offert par un homme (et fabriqué par lui-même) pour sa femme. Le film commence par la fabrication de la chaise, le bruit de l'arbre qui tombe fait "Crac !", puis on s'invite au mariage du couple, on vit avec eux et leurs enfants rêveurs. Puis ces enfants partent du foyer, l'industrialisation se développe de plus en plus ; l'homme qui a, alors perdu sa femme, jette la chaise en dehors de sa maison. S'en suit la nouvelle vie de la chaise en ville, et plus précisément dans un musée d'art contemporain.
À travers son dessin mobile et quelque peu enfantin, Back nous rappelle la vie traditionnelle avant le développement de l'industrialisation québecquoise de façon très poètique.

Voir le film




Osamu Tezuka

 Malgré le fait que Miyazaki déteste son travail, Tezuka l'a beaucoup influencé durant sa jeunesse, surtout pendant la période où le réalisateur rêvait de devenir mangaka : il imitait son trait, ses dessins.

Tezuka et ses personnages principaux : AstroBoy, Black Jack, Princesse Saphir et le Roi Léo.










Littérature

Thème : l'enfance.
 
On citera Lewis Carroll, Roald Dahl, Antoine de St-Exupéry et Moebius.

Le petit Prince

 
Ce qui rapproche St Exupéry et Miyazaki, c'est qu'ils sont tous les deux passionnés par l'aviation. L'un en fait son métier, et l'autre glisse cette passion dans ses oeuvres. Tous les deux sont aussi fascinés par les enfants. Le héros de St Exupéry, le petit Prince, découvre le monde de manière enfantine, et il ne comprend pas le monde des adultes, trop sérieux à son goût. Si on le compare avec Mei de Mon Voisin Totoro, c'est la même chose : la fillette découvre le monde avec curiosité et ne comprends pas le sérieux des adultes face à la maladie de sa mère par exemple. Ce sont respectivement des romans et des films "d'apprentissage" : comme Candide, les deux héros grandissent et apprenent le monde au fur et à mesure de leur aventure. Miazaki, c'est aussi la poésie des images, des décors idylliques et merveilleux et une création sans limite. St Exupéry, c'est la poésie des mots et des citations devenues culte à travers le monde. Et c'est ce talent respectif et cette passion qui les rapprochent qui me pousse à dire qu'ils se ressemblent.


 
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