UNE NATURE MENACEE
 
 
"Si l'on détruit la nature du Japon, je pense qu'on détruit également toute sa culture. Hélas, il reste déjà peu de forêts de hêtres et il est urgent de protéger les chênes et les yeuses, ces forêts japonaises su mystérieusement sombres."   H. Miyazaki


L'Homme détruit la Nature



Dans Princesse Mononoké, les hommes de Dame Eboshi transforment du minerais en fer. Pour exploiter le minerai de fer, et pour son activité, Dame Eboshi fait abattre des arbres et pollue la forêt.
Cela pourrait paraître anodin, mais Miyazaki choisit de montrer une nature totalement exploitée et donc morte aux environs de la forge.
Il met en évidence l'exploitation des Hommes par la même occasion.

 



Dans Le Voyage de Chihiro, Sen alias Chihiro doit s'occuper des clients des bains. Or, son premier client n'est autre qu'un dieu putride ("Okusare-sama"), couvert de boue. Tout le personnel est choqué par son odeur incroyablement noséabonde et c'est Chihiro qui est obligée de s'y coller. Quand Chihiro arrive à le purifier, on découvre que c'est un dieu de la rivière (Kawa no Kami), puissant et très ancien.
Depuis de nombreuses années, il C'est le premier client dont doit s'occuper Chihiro! Et pas le plus facile puisqu'il s'avait accumulé en lui des milliers de détritus et de feraille : de ce fait, il était totalement méconnaissable et personne ne lui prêtait plus intérêt. Il repart des bains limpide et offre de l'or ainsi qu'une boulette amère, un médicament, à Chihiro. On peut voir en ce dieu une métaphore de toutes les mers et rivières : notre société les a pollué à l'aide d'ordures et de déchets toxiques, produits par notre désir de tout contrôler.
 

 


Un progrès nuisant à la Nature

 
Dans Princesse Mononoké, la forge de Dame Eboshi ressemble à un Enfer : les couleurs sont sombres, plein de fumée se dirige vers le ciel, le lieu est barricadé...
 




Les hommes de Dame Eboshi possèdent des canons et des lance-flammes, ce qui ne laisse aucune chance aux animaux de résister. D'ailleurs à l'époque où se déroule l'intrigue, ces armes n'existaient pas, ce qui montre que Miyazaki représente la société actuelle à travers la forge.






La Nature se défend


Ponyo sur la Falaise peut être vu d'une façon très pessimiste, malgré son aspect enfantin. La réalité peut être transformée par la vision d'un enfant qui aura tendance à tout oublier et à ignorer les éléments anxiogènes de la vie. Ainsi on peut penser que cette tempête impressionnante, capable d’engloutir un village entier et de renverser des bateaux est une situation particulièrement effrayante pour un garçon de l’âge de Sosuke, surtout quand son père, un marin-pêcheur est au même moment embarqué sur un cargo, en plein sur la mer déchaînée… Elle l’est déjà pour le public adulte, qui a toujours à l’esprit les images du tsunami meurtrier de fin 2004. Le navire de son père a probablement sombré et sa mère, sortie pour aider les pensionnaires de la maison de retraite dans laquelle elle travaille, a vraisemblablement été emportée par les vagues immenses. Le garçonnet lui-même a peut-être péri en essayant de la retrouver. La scène où il pénètre dans le tunnel peut être comprise ainsi. Elle fait en tout cas écho à une scène similaire du Voyage de Chihiro, qui était le point de basculement du récit, dans le rêve ou le fantastique, au choix…

Ponyo sur la falaise - 5



Dans Princesse Mononoké, les animaux deviennent de plus en plus méchants (cf "Une faune en voie de disparition").
Les sangliers deviennent fous et totalement inconscient, ils se mettent à charger les humains alors qu'ils n'ont aucune chance de survivre. Cela n'est bien sûr pas le cas dans la réalité, mais Miyazaki veut dire par là que les Hommes rendent les animaux totalement fous et qu'ils font un très grand désastre en anéantissant des forêts.


Le dieu sanglier, ses sangliers, Mononoké et ses frêres vont combattre les humains : le résultat sera terrible... 
 


Au début du film, un sanglier maudit, Nago, attaque le village d'Ashitaka :
c'est sa haine des Hommes qui le pousse à l'agir ainsi, sa malédiction représente métaphoriquement la vengeance que veulent avoir les animaux sur les hommes
.



En tuant le dieu-cerf, Dame Eboshi fait une grave erreur : la substance qui sort de ce dieu détruit tout sur son passage, emportant ainsi les querelles Homme et Nature. Miyazaki veut nous montrer que lorsque les conflits deviennent trop violents, il n'y a qu'une solution : tout effacer pour tout recommencer.





Une faune en voie de disparition


En brûlant la forêt sacrée, les Hommes s'attirent la haine des animaux. Mais leur haine et les conduit à leur perte : les Hommes sont plus forts au point de vue technologie.
Rappelons tout de même que le titre japonais de Princesse Mononoké est Mononoke Hime, littéralement "princesse des esprits vengeurs".
Les animaux sont tout à fait conscient qu'ils perdent petit à petit leur territoire, c'est pour cela que "la nuit [les orang-outans] reviennent planter des arbres", ils veulent reconquérir la montagne : c'est une véritable bataille territoriale qui s'engage alors. Leur haine les transforme peu à peu en véritables monstres : ainsi, les orang-outans, auparavant, très sages, deviennent des créatures se tapissant dans l'ombre avec des yeux rougeâtres. Ils vont même jusqu'à vouloir manger Ashitaka car ils pensent que cela leur donnerait la force des Hommes.





L'indifférence de l'Homme


Dans Princesse Mononoké, l'indifférence se caractériserait peut-être plus en peur, peur de l'inconnu, peur de la force des dieux.
Eboshi, elle se moque totalement des dieux, elle terrasse le sanglier venu l'attaquer et ajoute "Quel idiot ce sanglier !", elle prononce aussi une phrase en compagnie de Ashitaka "... les monstres NE seraient QU'animaux", ce qui montre que pour elle les animaux sont totalement inoffensifs, et dans ce contexte, inintéressants. Cependant, il ne faut pas faire d'Eboshi une femme sans coeur, elle recueille et s'occupe de lépreux et d'anciennes prostitués, des gens exclus de la société. Pourtant une question persiste : se sert-elle d'eux pour son commerce ?





Miyazaki veut donc nous dire que si l'Homme ne fait rien pour arrêter ce massacre écologique, les animaux mourront ainsi que la race humaine : il montre donc, dans ses films, la bêtise humaine.




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